La méditation pour les enfants

Les enfants sont notre avenir, ce que l’on a de plus précieux. On se doit de les préparer de notre mieux à découvrir la vie et surtout à devenir autonomes. La tâche n’est pas aisée, nous sommes souvent démunis face à la complexité du rôle de parent, d’enseignant ou d’accompagnateur. Ils nous ramènent à nos propres faiblesses, nos difficultés intérieures et nos schémas comportementaux.

Comment sommes-nous attentif à leur état intérieur ? Peut-on leur apporter les ressources nécessaires à leur croissance et leur évolution ? Que savons-nous de ce qui manque à leur être profond, de leurs besoins fondamentaux ?

Nous nous retrouvons confrontés à des enfants aux comportements hyperactifs, hypersensibles, à leurs angoisses, leur stress, leur impossibilité à se concentrer, leurs difficultés d’apprentissage. Il leur arrive d’être introvertis ou trop autocentrés. La société moderne de consommation en fait des cibles privilégiées, les sollicitant constamment par des messages publicitaires, les encourageant à passer leur temps devant des écrans dans des mondes virtuels qui les coupent de la réalité. Dans ce monde où l’avoir devient plus important que l’être, la compétition, la performance et l’action supplante la coopération, la compassion et la contemplation. Comment faire pour leur proposer une pause de détente, un espace pour respirer et apprendre qui ils sont vraiment au fond d’eux même.


1) L’état intérieur de nos enfants

Le comportement des enfants peut révéler leur état intérieur. Bien souvent les enfants comme les adultes n’ont pas de recul sur leurs paroles et leurs actions. Les mots et les gestes pourtant parlent en permanence de ce qui est en train de se jouer chez une personne.

Chaque être à des besoins fondamentaux, celui d’être aimé, de recevoir l’attention des autres, d’être touché affectueusement, se sentir protégé, en sécurité, partager des moments de joie.

Alors que notre société occidentale privilégie encore trop le mental, les jeunes générations n’ont pas beaucoup d’espace pour apprendre à respirer, connaître et apprécier leur corps, s’alimenter d’une manière saine. Ce sont pourtant des besoins fondamentaux. Tout comme la confiance en soi, l’estime de soi, l’empathie et la relation aux autres qui se développent par l’expérimentation et la connaissance, dans l’échange avec soi et avec l’autre. A l’inverse, un jeune enfant “collé” devant une tablette ou un écran ne reçoit pas de sourire de l’écran, et est ainsi privé d’un apprentissage naturel de l’empathie à ce même instant.

Il peut être très difficile pour des enfants de mettre des mots sur les émotions. Même au sein d’une société hyper-connectée, il existe finalement peu d’espace pour exprimer ses ressentis et comprendre les véritables interactions entre les êtres.

Que ce soit dans des familles avec des difficultés ou dans des situations privilégiées, les enfants peuvent vivre de grands troubles intérieurs. Le temps passé à leur côté dans les premières années est fondamental. Dans ses premiers moments de vie, la vulnérabilité du bébé fait qu’il est obligé d’attirer l’attention pour survivre. Il met en place des mécanismes inconscients qui ré-apparaitront au long de sa vie.

C’est pour cela qu’il est important de donner aux enfants des outils de bien-être très tôt, afin qu’ils puissent acquérir par eux même la possibilité de répondre à leur besoins intérieurs.

2) L’âge où l’on peut intégrer facilement des techniques et réflexes

Dans leur premières années, les enfants ont une faculté d’adaptation énorme, si ils sont bien encouragés et encadrés, leur malléabilité leur permet de pouvoir acquérir des capacités fondamentales très simplement. On le voit par exemple dans l’apprentissage des langues, l’acquisition de facultés motrices et bien d’autres sujets.

C’est pourquoi il peut être très intéressant de leur donner certaines clés qui leur serviront tout au long de la vie. Apprendre à bien respirer par exemple, pourra leur servir plus tard à gérer les épisodes de stress, développer leur capacité d’adaptation aux diverses situations qu’ils rencontreront dans leur parcours. Cela leur sera peut être autant utile qu’avoir des bonnes notes à l’école.

Ce qui est assimilé facilement dans sa jeunesse peut être plus complexe à assimiler et à apprendre plus tard. De la même manière qu’il est plus facile de mettre un tuteur sur une jeune pousse qui penche un peu que d’essayer de redresser un arbre qui a poussé incliné.

Parmi les outils de développement et de bien-être que l’on peut leur transmettre, la méditation mérite d’être considérée. C’est en effet une pratique qui possède de très nombreuses vertus. Tout comme la prière, la récitation de mantra, la visualisation ou la plein conscience, la méditation traverse les siècles: les bienfaits, le sentiment de paix et de sérénité apportés, la gratuité de la pratique, la possibilité d’y recourir presque à chaque instant en sont très certainement la cause…

3) Bienfaits de la méditation

Si l’on étudie de façon rationnelle et scientifique, les bienfaits de la méditation, on peut en conclure très simplement que méditer est bénéfique en tout point de vu.

Bienfaits de la méditation sur le corps.

La pratique de la méditation a fait l’objet de nombreuses études cliniques. Il en ressort que cette pratique agit sur la santé globale et l’améliore nettement sur le plan curatif et surtout préventif.

  • Au niveau du système cardio-vasculaire on constate une diminution du rythme cardiaque et de la pression sanguine. Aussi, il est noté un ralentissement du rythme respiratoire et une augmentation de la capacité d’absorption de l’oxygène dans le sang.
  • Sur le cerveau, la pratique méditative permet une meilleure répartition de l’activité cérébrale ainsi qu’une synchronisation des hémisphères. Cela aboutit à une meilleure concentration et capacité d’apprentissage.
  • Au niveau des chromosomes, il a été observé que la méditation permet de ralentir le vieillissement et la dégénérescence des cellules.
  • L’action de cette pratique se fait aussi sur le système nerveux et le système immunitaire, atténuant les sensations de douleur, grâce à l’ocytocine, une hormone anti-inflammatoire et à l’endorphine, l’hormone anti-douleur.
  • Par une stimulation du système endocrinien et la diminution du taux de cortisol (l’hormone du stress), la méditation diminue l’anxiété et permet d’avoir un sommeil de qualité et de meilleures capacités cognitives.

Les bienfaits de la méditation sur les émotions et l’esprit

Les bienfaits de la méditation ne se limitent pas au plan physiologique. Elle agit aussi sur le plan émotionnel.

  • Le pratiquant crée une distance avec ses émotions et se laisse moins envahir par la colère, la peur ou les dépendances.
  • Ainsi il en découle une plus grande acceptation des évènements extérieurs et une meilleure capacité d’adaptation, une conscience plus neutre des émotions, pensées et sensations.

Enfin la méditation agit sur l’esprit et permet de développer la conscience de l’instant, des liens entre les êtres vivants, tout en développant les capacités empathiques et une plus grande compréhension de l’autre.
Petit à petit les perceptions s’affinent et la sensibilité aux énergies subtiles grandit…

4) Des manières ludiques de leur apprendre

L’image du moine zen qui reste des heures assis sans bouger à tendance à donner à la méditation un image quelque peu rebutante.

Or il n’y a pas que cette manière de pratiquer. Il existe des façons plus adaptées aux enfant de les amener à une pratique méditative. On peut développer des outils faciles d’accès, ludiques et créatifs pour arriver à des résultats rapides sans les décourager ni les écœurer.

Il n’est pas nécessaire d’être statique pour entrer en méditation!

La méditation se pratique aussi en mouvement, en marchant simplement, avec les yeux ouverts ou fermés, en se concentrant sur sa respiration, sur les sensations, les odeurs, les couleurs, sur une ou plusieurs parties de son corps.

La respiration est un bon point de départ de l’exploration intérieure, on peut notamment commencer par ressentir l’air frais qui entre dans les narines et celui plus chaud qui ressort.

On prend conscience en observant comment est notre respiration, comment elle se déroule, son amplitude, les endroits où l’air ne parvient pas, les douleurs, les blocages ou le bien être que l’on ressent. On peut aussi faire des exercices respiratoires simples comme la cohérence cardiaque. Le livre Cohérence Kid du Dr David O’Hare est une perle pour partager la respiration avec les enfants : composé d’explications théoriques simplifiées et de 47 respiroutines pour aborder le souffle de manière ludique et imagé. L’album Cohérence Kid Music, en lien avec le livre, propose 22 guides auditifs parmi les 47 du livre.

Il n’est pas nécessaire de faire le vide dans son esprit, on peut juste se détacher et laisser aller les pensées, les regarder passer, les observer comme un train qui s’éloigne. L’état méditatif s’obtient aussi en regardant une œuvre d’art ou un beau paysage, en écoutant de la musique, le bruit de l’eau ou le chant des oiseaux… 

 

Colorier des mandalas offre un bel état de présence à eux-mêmes pour les enfants. En jouant avec les couleurs, les formes, l’évolution de leur création, les enfants s’enrichissent de confiance en eux.

Pour bien le comprendre, c’est mieux de l’essayer. Cela dit, imaginer un enfant devant un joli mandala (comme ceux ci-joint de Nathalie Chappé), il commence à colorier un espace : c’est déjà beau ! Il peut déjà être satisfait de lui. Il continue à colorier un autre espace : c’est encore beau ! Il ancre dans la durée la confiance en lui.

Chaque espace colorié = un pas de plus ancré dans la confiance en lui, dans la conscience de sa créativité et dans son rapport à ce qui lui plait, contribuant à la construction de son identité, source et pilier de son avenir.

 

La méditation se pratique aussi de manière ludique, par des visualisations ou en racontant une histoire. Les enfants ont une grande faculté d’imagination, sollicitons la en s’amusant !

Lors d’une étude sur l’activité cérébrale, des scientifiques ont mesuré les parties du cerveau qui se mettaient à fonctionner, en fonction d’une sollicitation extérieure (comme la résolution d’un problème). Des sujets avaient gardé leurs capteurs lors de la pause. Les scientifiques furent très surpris en remarquant que l’ensemble des zones du cerveau s’activaient chez certains pendant ce temps de non solicitation. Quand ils leur ont demandé ce qu’ils avaient fait et à quoi ils avaient pensés, ces personnes ont déclaré qu’ils regardaient dehors en ne pensant à rien de particulier !

Ainsi les scientifiques se sont aperçus que lorsqu’on laissait vagabonder son esprit, le cerveau était mobilisé dans son ensemble, de façon plus optimale que pour la résolution d’un problème !!

Il est bon de laisser une place au non agir, laisser les enfants s’ennuyer parfois.
Les moments d’oisiveté sont une porte au lâcher prise, à la conscience de l’instant, à une plus vaste connexion au monde. C’est finalement cela que l’on peut proposer aux enfants quelque soit la méthode employée, d’être pleinement présent à l’instant, ce que certains bouddhistes appellent « la pleine conscience ».

5) Des bénéfices et outils pour la vie

Permettre à un enfant de développer une plus grande connexion au monde, une plus grande confiance et présence dans l’instant, d’explorer ses états intérieurs et d’apprendre à se connaître est un cadeau magnifique pour la vie.

Même s’il ne garde pas forcément de souvenir conscient de ses pratiques plus tard, il aura acquit des mécanismes qui lui seront utiles toute sa vie durant et se mettront en place de manière automatique.

Par exemple si l’on apprend à un enfant à bien respirer quand il est angoissé, il pourra, lors d’un examen, à l’approche d’un danger ou dans toute autre situation, mobiliser plus de ressources et mieux réagir.

Une meilleure connaissance de son corps lui sera utile tout au long de la vie, pour connaître ses limites et apprendre à les dépasser ou simplement se respecter (évitant ainsi incidents ou accidents).

Pour ce qui est du plan émotionnel, un enfant qui apprend à découvrir ses émotions, gagne en capacité de les exprimer et développer de l’empathie. Il vit de manière plus harmonieuse avec les autres, s’intègre plus facilement dans un groupe, au travail et dans la société. C’est un moyen de vivre une adolescence plus facile et d’arriver plein de ressources dans l’âge adulte.

N’hésitez pas à leur offrir les clefs pour accéder à leur espace intérieur et aller à la rencontre d’eux même!

Voici le premier album adressé aux enfants, parents et accompagnants pour nourrir les enfants de “vrai superpouvoir” :

Album Cohérence kid music

Découvrez également le guide pédagogique de l’album Cohérence Kid Music, pour en bénéficier non seulement grâce à la cohérence cardiaque, et la respiration, mais aussi grâce à la musique, grâce aux mouvements et au jeu : https://desmusiquespourguerir.com/guide-pedagogique-de-coherence-kid-music/

Article co-écrit par Anthony Doux et Loic Defert de l'équipe Symphonies Intérieures
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