Le tambour, un compagnon de voyage

Fidèle compagnon de mes concerts vibratoires et soins sonores, le tambour est sans doute l’instrument de musique le plus abordable. Il est simple et basique mais possède de grands pouvoirs : il nous ramène à l’essentiel, au battement primordial, aux premiers sons qu’il nous ait été donné de percevoir dans le ventre de nos mères, au cœur de la vie. Le tambour nous aide à prendre conscience que l’on est tous musiciens : nous avons tous un cœur qui bat à son propre rythme. Le rythme est une fréquence, une vibration, un mouvement, il organise, structure, pose des repères et offre l’évasion.

La voie du tambour permet d’explorer la musique de notre être pour pouvoir amplifier nos vibrations et les accorder à celles de ceux qui nous entourent, au monde, à l’univers. Le son du tambour est riche en fréquences et l’effet physique de la vibration sonore qui se déplace dans l’air se ressent aussi dans le corps. Avec le tambour, l’avantage est qu’il n’est pas nécessaire de posséder une technique musicale pour pouvoir en jouer et découvrir le monde sonore et imaginaire qu’il révèle. Bien au contraire, le tambour nous demande juste d’être, ici et maintenant. Avec lui, nous exprimons notre essence, et nos capacités au delà de ce que l’on imagine avec notre conscience ordinaire.

1 ) Le tambour dit chamanique

2 ) Comment est-il fabriqué

3 ) Un instrument de voyage

4 ) Un instrument de soin

5 ) Jouer du tambour   (VIDÉO)

6 ) tambour et cohérence cardiaque  (VIDÉO)

7 ) Jouer à plusieurs

8 ) S’exprimer avec le chant et la danse

 

Le tambour dit chamanique

  • Histoire et géographie du tambour

Cet instrument fait partie de la famille des membranophones : ce sont les vibrations de la peau tendue qui créent le son lorsqu’on la percute. De manière certaine, il existe depuis plusieurs millénaires avant notre ère, mais il est surement beaucoup plus anciens. Nos ancêtres ont créé des instruments à partir des matériaux à leur disposition dans la nature et se sont inspirés de l’ambiance sonore de leur environnement pour élaborer leurs créations musicales. Il est facile d’imaginer que les percussions ont été parmi les premiers instruments. Les tambours ont un volume puissant, c’est la raison pour laquelle les tambours ont été utilisés pour communiquer.

On appelle le tambour chamanique, un tambour dont la fonction est d’être utilisé pour le soin ou le voyage chamanique. Ce type de tambour est commun à de nombreux espaces culturels distincts au travers du monde. On en rencontre en Sibérie, chez les mongols, en Inde, en Laponie, en Amérique du Nord et du Sud.

Il ressemble à des instruments de musiques folkloriques ou classique, comme le tambourin que l’on trouve en Europe, qui est probablement le descendant d’un tambour chamanique utilisé par les bardes celtes et par les troubadours du moyen-âge. Il est aussi similaire au bendir, au tar nord africain et au bodhran irlandais. A la différence de ces instruments dont la fonction est musicale, le tambour chamanique est l’un des outils principaux du chaman, au même titre que le machikoué.

  • Le tambour et le chaman

Chez le chaman, la musique est utilisée comme lien avec les mondes invisibles, elle permet d’ouvrir des espaces différents de notre réalité ordinaire et d’accéder à des états de conscience modifiés. Le tambour donne au chaman le pouvoir de requérir l’aide des esprits gardiens en vue d’apporter la guérison, de rétablir les équilibres énergétiques chez ses patients. Car le rôle du chamane est d’intercéder entre le monde de l’invisible et la communauté, afin de préserver l’harmonie.

Le tambour est un peu le téléphone qui permet d’appeler le monde des esprits, invisibles à nos yeux. Les chamans sibériens considèrent le tambour comme un être vivant, comme un allié, une monture qui les emmène dans leur voyage dans d’autres dimensions.

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« Un chaman orchestre son monde intérieur en toute liberté. Il sait que son imagination est énergie en action. Elle a exploré ses cieux et ses enfers, a connu la totalité du temps et de l’espace, a développé la pensée extra-universelle, et sait comment travailler pour que l’univers dans toute sa dimension, s’exprime à travers lui. Il travaille avec la synchronicité, ce que d’autres appellent des miracles. »

Cristóbal Jodorowsky

Comment est-il fabriqué

  • Le cadre

Le plus souvent il s’agit d’un cadre en bois, de 4 à 10 cm d’épaisseur, principalement rond, sur lequel est tendue une peau. Il arrive que le cadre du tambour ait d’autres formes : ovale, octogonale, carrée, rectangulaire… Ces cadres, faits d’une planche cintrée ou d’un assemblage de pièces de bois, suivant les ressources des milieux naturels, sont construits avec des essences diverses. Hêtre, frêne, érable, pin, cèdre : beaucoup de bois se prêtent à la construction de cadres de tambour.

  • La peau

La peau est clouée, ou lacée avec une corde ou une lanière de peau, afin d’obtenir la tension nécessaire au son souhaité. Suivant les conditions météorologiques, lorsqu’il fait froid ou humide, les peaux se détendent, dans ce cas, on les retend ou bien on augmente la tension de la peau en l’approchant d’une source de chaleur.

Un tambour est monté avec toutes sortes de peaux animales, principalement des herbivores de grande taille, suivant les ressources locales : chèvre, vache, cheval, bison, cerf, renne, orignal.

Il existe des peaux synthétiques pour ceux qui ne souhaitent pas recourir à une peau d’animal. L’avantage de ce type de peaux est qu’elles ne sont pas sensibles à l’humidité et qu’elles conservent une tension constante.

  • L’équilibre énergétique du tambour

Le tambour contient les éléments unis du masculin et du féminin. La forme ronde du tambour est féminine et celle de la mailloche utilisée pour le jouer est masculine. Aussi, différents éléments issus de la terre, de l’eau, du feu et de l’air entrent en action lors de sa fabrication, et se mêlent à sa création. Les différents règnes sont représentés, le végétal pour le cadre, l’animal pour la peau, et le minéral, dans le cas d’une peau synthétique, de l’utilisation d’un laçage en corde de nylon, ou en ajoutant une pierre ou un élément de décoration métallique.


Un instrument de voyage

Les chamanes utilisent le tambour pour entrer en transe. Les battements de tambour répétés ont un effet hypnotique qui facilitent les états extatiques. On retrouve cela dans tous les endroits du monde : dans les musiques africaines, les musiques gnawa, les musiques de confréries comme les derviches tourneurs dans la culture musulmane…. Le rythme et les percussions sont communs à toutes les musiques, ils en amplifient la puissance et la force d’ancrage.

Le tambour nous relie à la terre et à la base de notre corps, à nos pieds et à notre bassin, il nous relie à notre chakra racine.

Le tempo et le rythme monotone d’un tambour invite les ondes cérébrales à ralentir. De l’émission d’ondes bêta, le cerveau passe en ondes alpha, comme lors de méditation et de techniques de respirations, puis en ondes thêta qui sont encore plus lentes, comme lors d’un massage sonore de groupe ou individuel. C’est à ce moment que le voyage commence : le moment où l’on entre en communication avec le monde invisible, en recevant des enseignements et des informations.

Le voyage chamanique n’est pas réservé aux chamanes. Tout le monde peut entrer dans ce type d’état et recevoir des visions et des informations. Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, vous pouvez lire le livre de Sandra Ingerman : « Initiation au voyage Shamanique » aux éditions Véga. C’est un guide très simple d’accès pour découvrir cette pratique.

Mais il n’est pas le seul intérêt de ce tambour, en jouant à l’unisson, la communion avec le tambour est un moyen de l’utiliser pour se faire du bien en restant les pieds sur terre et en appréciant son battement rassurant.

« Rappelez-vous que le tambour ouvre les portes du monde de l’esprit, attire l’esprit à vous et vous ouvre à le recevoir. » 

Michael Drake

Instrument de soin

Le tambour est aussi un instrument de soin énergétique. Il aide à diagnostiquer les parties du corps et les parties du champ énergétique d’une personne qui seraient en déficit d’énergie. Tout en jouant, on déplace le tambour au dessus du corps d’un patient allongé et le tambour sonnera différemment lorsqu’il se trouve sur une zone dans laquelle l’énergie est plus faible. C’est un outil intuitif qui demande un certain entrainement mais très pratique, rapide et pertinent quand on sait le manier.

Outre le diagnostique, le tambour est aussi un véritable outil de soin. C’est un instrument puissant dont on ressent les vibrations physiquement. Ces vibrations agissent sur la matière et ont un effet mesurable et notable sur le corps humain. Le son du tambour peut être utilisé pour dégager des énergies inappropriées, pour dissiper des émotions stagnantes, pour remettre en mouvement des flux bloqués et ré-ouvrir des canaux de circulation énergétique obstrués.

N’oublions pas que pour un soin, c’est notre énergie d’amour qui se trouve amplifiée et transmise par le tambour. Il est nécessaire de cultiver l’empathie et la force du cœur avant tout, afin d’obtenir des résultats bénéfiques pour autrui. Dans tous les cas, il est bon de pratiquer les bienfaits du tambour sur soi et d’en éprouver les effets avant de le proposer à d’autres personnes.

Encore une fois, il n’est pas nécessaire d’apprendre à se servir du tambour comme un outil de soin et ni d’avoir conscience de ses effets thérapeutiques pour se faire du bien : un tambour peut être simplement un bon compagnon avec lequel on passe un moment agréable de recentrage, un support de notre expression, un moyen de se sentir en unité avec le monde grâce à la puissance du  son. Les tambours sont aussi là pour nous rappeler que la matière est vibration, et qu’il existe une réalité au delà de ce que l’on imagine. Le tambour est sûrement un des instruments les plus puissants pour nous reconnecter avec la part la plus vaste et divine de notre être en osmose avec le cosmos.

 

Source de lien, de beauté, d’expression, de force et de douceur : le tambour

Voici une vidéo splendide, énergique et puissante d’Eivør Pálsdóttir, chanteuse originaire des îles Féroé, surnommée parfois la « Björk des Féroé ». 

Elle chante dans sa langue maternelle, le féroïen le plus souvent, et également en anglais, danois, suédois et islandais.

Le tambour ancre dans le présent lorsqu’on le joue, et aussi lorsqu’on l’écoute accompagné de la voix et de l’Inspiration : 

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Jouer du tambour

Le rythme est à la base de la musique. Le tambour est l’un des moyens de découvrir et d’explorer le rythme. Le rythme est partout : de notre respiration et notre battement de cœur au rythme de nos pas, à celui des jours et des nuits, des saisons, et bien plus encore (car il est des rythmes imperceptibles qui dépassent la vie humaine).

Ce qui est très simple avec un tambour c’est de commencer à jouer un battement, si possible régulier. C’est la figure rythmique de base : une pulsation. Une pulsation de vie… Ensuite vous pourrez sentir si vous accélérez ou ralentissez. C’est comme votre rythme cardiaque, il n’est pas constant, il fluctue. Donc rassurez-vous c’est normal. Le rythme n’est qu’hyper régulier que lorsqu’il vient d’une machine ! Jouer en rythme n’est pas naturel pour tous, c’est un apprentissage. Les musiciens travaillent leur régularité rythmique afin d’augmenter leur précision. Cela a pour but de leur permettre de jouer à plusieurs.

Alors, pas besoin d’obtenir une précision métronomique pour jouer seul et se faire plaisir. Soyez attentif : vos accélérations et ralentissements donnent des indications sur votre état intérieur! Le tambour est animé par vous : il sera le reflet de certains aspects de votre être. Le but n’étant pas de chercher à faire de la musique, mais de se rapprocher de votre essence. Par moment vous pourrez vous sentir transporté, transcendé par le son, c’est une expérience formidable qui repousse les limites de la conscience. 

Une fois maitriser le battement régulier, passez par étape à  2 temps (un coup fort, un coup plus faible), puis à 3 temps (comme une valse), puis à 4 temps ( comme un tango).

Vous pouvez utiliser le tambour pour mesurer les effets d’une pratique comme la cohérence cardiaque : en jouant avant et après vos respirations et en notant la différence, et en comparant votre jeu sur une durée plus longue afin de mieux mesurer ce qui a changé en vous.

 

Tambour et cohérence cardiaque

Voici une vidéo avec laquelle vous allez pouvoir RESPIRER EN COHÉRENCE CARDIAQUE, au son du machikoué, puis du TAMBOUR, en écoutant 3 des fréquences sacrées.

Prenez 5 minutes pour expérimenter. Maintenant. Suivez le souffle, inspirez, suivez le souffle et expirez en étant synchronisé avec lui. Laissez vous bercer par le machikoué, et par le tambour, aux sons des fréquences sacrées. Fermez les yeux, souriez, ressentez.

De l’album Métamorphose, ce guide respiratoire auditif permet de ressentir les bienfaits des éléments, du machikoué, du tambour, de la cohérence cardiaque, et des fréquences sacrées. Je l’ai créé dans une volonté de bienfaits en synergie. C’est à vous, respirez, c’est intuitif et facile !

Jouer à plusieurs

Il est parfois difficile de jouer chez soi à cause du voisinage ou de la famille, dans ce cas, il est bon de sortir jouer dans la nature. Ainsi on découvre la résonance de son tambour avec le monde environnant. Suivant notre harmonie intérieure, les animaux restent proche de nous, les oiseaux chantent en chœur, les arbres renvoient l’écho de notre musique, les plantes peuvent se mettre à bouger en rythme et les éléments comme le vent, entrer en syntonisation avec le son de notre tambour. Ne le croyez pas, vivez-le ! Rien à perdre, tout à gagner ! Ce sont des moments magiques! Là aussi, plus vous serez en état d’amour avec le monde, plus votre musique amplifiera cet état et le rendra perceptible à votre environnement. Les travaux sur la sensibilité des végétaux et même des bactéries prouvent qu’ils réagissent à l’intention et aux pensées des êtres humains.

Le partage avec d’autres humains est aussi l’occasion de chercher à s’harmoniser, de prendre conscience de toute la subtilité des éléments qui entrent en action lors de nos échanges. Aussi lorsque la communication est fluide et que l’harmonie règne, le plaisir de jouer et les bienfaits de cette pratique sont décuplés. Depuis des millénaires, des peuples pratiquent les cercles de rythme (tam-tam, djembé, tambours). Ces cercles rythmiques font partie des grandes traditions chamaniques. 

Une étude menée par le docteur Barry Bittman aux Etats-Unis a démontré que la participation à un cercle de rythme joue sur notre état physiologique : le cortisol (hormone du stress) est en baisse, la DHEA (hormone de jouvence) en hausse et surtout, l’activité des cellules naturelles tueuses (ces globules blancs qui éliminent les cellules cancéreuses autant que les virus et les bactéries) augmente notablement. La science reconnaissait déjà que l’activité des cellules tueuses était diminuée par le stress chronique et qu’elle était accrue par l’affection, le rire ou l’exercice physique. Mais il n’avait jamais été démontré que le simple fait de se sentir relié aux autres à travers la musique, le rythme et la résonance pouvait influer à ce point sur notre système immunitaire !

Participez à des cercles de tambour!  Et associez d’autres instruments qui se marient à merveille avec le tambour : les hochets, maracas, machikoué, tous ces instruments à graines qui portent de nombreux noms. Ils sont présents dans toutes les musiques au travers du monde et sont reconnus comme des activateurs de force vitale. Avec les tambours, leurs sonorités et effets sont très complémentaires. Il est facile de fabriquer des hochets en mettant des graines dans un contenant.

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S’exprimer avec le chant et la danse

La voix est l’instrument le plus complet qui existe, les chamanes de toutes cultures l’utilise pour psalmodier des prières et des incantations. Joindre sa voix au tambour, s’accompagner rythmiquement dans ses chants est un bon moyen de développer son expression et sa créativité. Le support du tambour donne de la force et offre un cadre dans lequel il est bon de se laisser couler, s’abandonner dans le flot du rythme, en harmonie avec la création, en étant soi-même créateur. Lâchez prise, le chant émergera facilement.

Le tambour est aussi le bon moyen de se laisser aller à danser, et d’exprimer ses émotions dans le mouvement de son corps. Avec lui, célébrer les éléments, les astres, la nature qui nous entoure et dont nous faisons partie est un divin plaisir. Par la résonance du son et le mouvement de son corps, c’est un joie de se recentrer, se reconnecter à la terre, à la vie, et d’exprimer son être dans toute son infinitude. (Voir atelier “Cohérence cardiaque et mouvement spontané”)

 

En résumé, vous l’avez compris, le tambour est l’un des instruments les plus simples à jouer, pour petits et grands. Musiciens ou non (même si nous le sommes tous…), le tambour donne l’opportunité de vivre de beaux moments d’extase, de connaissance de soi et de développement personnel.

Il existe de nombreuses possibilités de se trouver un tambour. Le fabriquer soi-même offre l’occasion de nourrir son lien à l’instrument. De nombreux stages proposent de fabriquer soi-même son tambour, avec les conseils d’un accompagnateur. Il y a aussi la joie de s’en construire avec les enfants, à moindre coût : en fixant des épaisseurs de scotch large sur une bassine ou un sceau en plastique afin de créer une membrane, c’est basique mais peu onéreux et ça marche…

Alors pourquoi pas vous, avec un tambour, vibrez au sein du monde ! Et surtout, le plus important, avec une intention d’amour !

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